______ -Dans la boite à gants, devant toi ! Me hurle mon père.
______Mon esprit de déduction me souffle qu'il faut l'ouvrir et pas s'y glisser. Dans des situations comme celle-ci, on a le reflexe de tout appliquer au pied de la lettre. J'ouvre donc le compartiment. Il est remplit de petites boites noires qui font « glinglin » quand elles se percutent.
______- Sors en un et met le à ton 9mm.
Je m'exécute bien que ce fusse compliqué de trouver comment le mettre.
______- Vise les pneus, le moteur ou le conducteur si tu te le sens.
______J'ouvre la portière. La route défile à très grande vitesse sous mes pieds. A trop grande vitesse. Mais pas le temps de s'éterniser sur ce détail, je vois la première voiture noire à environ 2 heures.
______- Pneus-Moteur-Conducteur. Répétais-je pour me convaincre de la banalité de la chose.
Je charge l'arme puis me remémore les paroles du vieux sage :
______Je pousse, je vise, et je tire.
______Sauf que rien ne se passe. La gâchette est restée bloquée. Pas d'autre option que de réessayer. Même résultat. Je panique et tente un troisième essai désespéré. D'autant plus que la voiture se rapproche dangereusement. Mon père tourne violement le volent pour l'éviter et je me retrouve projetée en avant. La ceinture m'arrête nette, me bloquant la respiration par la même occasion.
______- La sécurité, me hurle mon père au milieu de se grabuge. La sécurité, enlève la !
Ah oui, la sécurité, matérialisée par un petite molette où il pourrait y avoir écrit « on » et « off ». Je la place sur ce que j'imagine être le « off » puis recommence mon opération.
______Le premier coup part. En plein dans les pneus. La voiture dérape, freine, tourne dans tous les sens et fait une admirable tête à queue pas du tout contrôlé. Elle vient percuter sa collaboratrice, qui se trouvait malheureusement dans son sillon, et elles explosent toutes deux en un admirable feu de joie.
______Le tire m'a propulsé en arrière et je me mange le frein à main dans le dos mais, au moins, j'ai servis à quelque chose. Mon père sourit, il a l'air fier de moi.
______On quitte la 4 voix pour une nationale. Quelques kilomètres à peine et mon père prend derechef une autre route, presque un chemin, en sens unique. Une forêt, sortie d'on ne sait où, borde chaque côté de la chaussé et semble ne jamais se terminer. Puis on s'arrête sur le bord de la route, au milieu de nulle part. Mon père descend et entreprend d'enlever des branches au milieu de tous ses arbres.
______Je me retourne vers ma mère. Ses habits sont imbibés de sang et toute la banquette arrière en est tachée.
